C’est une grande première pour le télescope spatial américain TESS. Une exoplanète baptisée Gaia23bra b vient d’être identifiée dans ses données grâce à la microlentille gravitationnelle, un phénomène prédit par Albert Einstein il y a plus d’un siècle. L’étude décrivant cette découverte a été publiée le 1er juillet 2026 dans la revue The Astrophysical Journal Letters. Jusqu’ici, ce satellite de la NASA, lancé pour traquer les planètes d’une tout autre manière, n’avait jamais débusqué de monde lointain par cette méthode.
Un sursaut de lumière repéré dès 2023
Tout commence par une alerte du télescope européen Gaia : en 2023, l’observatoire signale le brusque regain d’éclat d’une étoile — d’où le nom de l’événement, Gaia23bra. En réexaminant leurs archives, les astronomes constatent que TESS a lui aussi enregistré cette brève montée de luminosité. Sa cause n’est ni une explosion ni une variation de l’étoile elle-même : c’est le passage, au premier plan, d’une étoile accompagnée d’une planète, dont la gravité a momentanément amplifié la lumière de l’astre situé en arrière-plan.
Ce type de signal ne se reproduit jamais : l’alignement entre les deux étoiles est une coïncidence unique. D’où l’intérêt des données d’archives, dans lesquelles ces événements fugaces peuvent être retrouvés après coup.
La microlentille gravitationnelle, un héritage d’Einstein
La relativité générale l’a prédit voilà plus de cent ans : la masse courbe l’espace-temps. Lorsqu’une étoile passe exactement devant une autre, beaucoup plus lointaine, sa gravité agit comme une loupe et concentre la lumière de l’astre d’arrière-plan, qui semble briller davantage pendant quelques jours ou quelques semaines. Si une planète accompagne l’étoile « lentille », elle ajoute sa propre signature à la courbe de lumière : c’est ainsi que Gaia23bra b a trahi sa présence.
Contrairement à la méthode des transits — la spécialité de TESS, qui guette la minuscule baisse d’éclat provoquée par une planète passant devant son étoile —, la microlentille gravitationnelle permet de repérer des mondes très distants de leur astre, y compris à des dizaines de milliers d’années-lumière de nous. Selon les chercheurs, c’est aujourd’hui la seule technique capable de détecter des planètes de la masse de la Terre sur des orbites comparables à la nôtre.
Gaia23bra b, une super-Jupiter à 40 000 années-lumière
Les caractéristiques confirmées de cette nouvelle venue ont de quoi donner le vertige :
- Type : une « super-Jupiter », c’est-à-dire une planète plus massive que la plus grosse du Système solaire ;
- Étoile hôte : une naine orange, plus petite et plus froide que le Soleil ;
- Distance : environ 40 000 années-lumière de la Terre ;
- Orbite : une séparation avec son étoile comparable à celle qui existe entre Jupiter et le Soleil.
Une distance considérable : la grande majorité des exoplanètes connues se trouvent bien plus près de nous, à quelques centaines ou quelques milliers d’années-lumière seulement.
Pourquoi cette découverte compte
TESS n’a pas été conçu pour la microlentille. Depuis son lancement, il balaye le ciel à la recherche de transits, et ses observations s’étalent désormais sur huit années. Cette réussite inattendue transforme donc ses archives en un nouveau terrain de chasse. « Il y a probablement d’autres planètes à microlentille cachées dans les données de TESS », estime ainsi Diana Dragomir, membre de l’équipe à l’origine de la découverte — une perspective qui reste, à ce stade, une prévision et non un fait établi.
Pour les astronomes, l’enjeu est de taille : combiner plusieurs méthodes de détection sur un même instrument élargit le catalogue des mondes accessibles, des géantes gazeuses lointaines aux planètes rocheuses semblables à la Terre. Pour suivre les prochaines annonces du secteur spatial, rendez-vous dans nos rubriques Science et Tech / Net ; les curieux du ciel et de l’environnement trouveront aussi leur bonheur du côté de Planète.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la microlentille gravitationnelle ?
C’est un effet prédit par la relativité générale d’Einstein : la gravité d’une étoile (et de son éventuelle planète) passant devant un astre lointain courbe et amplifie brièvement la lumière de ce dernier. L’analyse de ce sursaut lumineux révèle la présence et certaines propriétés de la planète.
Pourquoi cette détection est-elle une première pour TESS ?
Le télescope TESS a été conçu pour la méthode des transits, qui mesure la baisse d’éclat d’une étoile quand une planète passe devant elle. Gaia23bra b est la première exoplanète identifiée dans ses données grâce à la microlentille gravitationnelle.
Que sait-on de Gaia23bra b ?
Il s’agit d’une super-Jupiter en orbite autour d’une naine orange, à environ 40 000 années-lumière de la Terre. Elle circule à une distance de son étoile comparable à celle qui sépare Jupiter du Soleil.
Sources
- Phys.org — TESS just found a planet in a new way
- EarthSky — Warped spacetime reveals exoplanet far from its star
- Universe Today — Bending spacetime reveals new planet hidden in archived TESS data
LiDAR en Amazonie : une civilisation disparue de plusieurs millions d’habitants mise au jour
Sous la canopée dense du sud-ouest de l’Amazonie, des chercheurs viennent de mettre au jour les vestiges d’une civilisation amazonienne disparue qui aurait compté jusqu’à plusieurs millions d’habitants. La découverte, rendue possible grâce à des survols aériens équipés de capteurs…
La greffe capillaire à Istanbul une des meilleures d’Europe
Aujourd’hui, la Turquie est considérée comme la destination par excellence pour faire des implants capillaires. Le pays attire chaque année des millions de personnes victimes d’alopécie, de calvitie et d’autres maladies qui provoquent la perte de cheveux. La Turquie possède…
Découverte fascinante des planètes lointaines sur planetes360
EN BREF Mystères de l’univers explorés sur planetes360 Découverte de nouvelles planètes proches de Barnard b Détection potentielle de vie extraterrestre sur des planètes lointaines Analyse de six planètes géantes errant dans l’espace Recherches NASA et images saisissantes de l’univers…
Le plus ancien ambre du monde : 385 millions d’années qui réécrivent l’histoire des plantes
Un morceau de résine fossilisée grand comme une tête d’épingle vient de bousculer un chapitre entier de l’histoire du vivant. Des paléontologues ont annoncé la découverte du plus ancien ambre du monde, âgé d’environ 385 millions d’années, exhumé d’une veine…
Table des Matières




