La France cherche plus que jamais des relais économiques pour réduire sérieusement un endettement record, qui fait frémir même les économistes chevronnés à Bruxelles. La croissance de l’économie, d’à peine 1,2% en 2024, est pour le moins anémique pour réduire le chômage et financer le modèle social. Heureusement, il y a quelques secteurs qui surnagent et donnent des idées à Bercy.
Jeux en ligne régulés, intelligence artificielle éthique, hydrogène vert : ces trois filières par exemple, restent modestes mais commencent à employer des milliers de personnes et à attirer des investissements. Leur point commun ? Elles misent sur des approches prudentes et encadrées, longtemps vues comme des freins à l’innovation. Cette prudence française pourrait bien devenir un avantage dans un monde inquiet des dérives technologiques en Chine et aux États-Unis.
Les secteurs d’avenir où la France peut (et doit) se démarquer
1. Le divertissement numérique régulé
La Française des Jeux (FDJ United) n°2 des jeux en Europe ? Assez logique, car depuis 2010, la France a choisi de réguler les jeux en ligne plutôt que de les interdire. Une décision pragmatique, pour faire passer une activité autrefois à la marge à un vrai secteur économique transparent. Concrètement, cela représente aujourd’hui 2 milliards d’euros de produit brut des jeux chaque année, dont près de la moitié revient à l’État sous forme de taxes et prélèvements sociaux.
Les casinos en ligne les plus fiables de France opèrent sous licence de l’ANJ (Autorité Nationale des Jeux) notamment, le gendarme du secteur. Cette régulation stricte impose par exemple aux opérateurs de vérifier l’identité des joueurs, mais aussi de limiter les mises et d’exclure les mineurs. En contrepartie de ces contraintes, les entreprises du secteur bénéficient d’un cadre légal stable qui rassure les près de 27 millions de joueurs. On estime que le secteur emploie directement environ 10 000 personnes en France, principalement dans les métiers du développement informatique, du service client et de la conformité réglementaire.
2. Les cleantech et la transition énergétique
La France exploite pour l’heure 57 réacteurs nucléaires, qui fournissent 70% de son électricité. Cette expertise accumulée depuis les années 1970 intéresse aujourd’hui de nombreux pays cherchant à décarboner leur production électrique. Il est donc logique de voir les fleurons français du secteur (EDF, Orano, Framatome) engranger les contrats à l’export, notamment en Chine, en Inde et au Royaume-Uni. Ces projets représentent plusieurs dizaines de milliards d’euros, et maintiendraient environ 220 000 emplois directs en France.
Mais l’énergie “star” du moment est certainement l’hydrogène, et d’autant mieux que plusieurs méga-gisements ont été mis au jour, dont celui en Lorraine, assez formidable par son ampleur. Le gouvernement compte mettre 7 milliards d’euros dans cette filière d’ici 2030. Rappelons que l’hydrogène vert (celui qui est produit à partir d’énergies renouvelables) et l’hydrogène blanc (celui qui est extrait brut du sous-sol) pourraient remplacer une bonne part des énergies fossiles mobilisées dans l’industrie lourde et les transports, même si la rentabilité économique reste encore incertaine à court terme.
3. L’intelligence artificielle éthique
Paris abrite Station F, un campus qui héberge environ 1 000 startups. Parmi elles, plusieurs se spécialisent dans l’intelligence artificielle, avec une particularité : elles misent sur des modèles respectueux de la vie privée. Mistral AI, créée en 2023, développe par exemple des IA open source (dont le code est accessible à tous), qui peuvent fonctionner sur les serveurs des entreprises plutôt que dans le cloud américain.
Détail intéressant, la France bénéficie d’une position géographique clé pour les rouages de l’IA en Europe. Les câbles sous-marins de fibre optique qui relient l’Europe à l’Afrique et à l’Asie passent par Marseille, faisant de la ville un point névralgique. Cette caractéristique attire les data centers (centres de données), qui comme vous le savez cherchent à minimiser la latence dans les communications. Chaque data center de taille moyenne crée environ 50 emplois directs, bien qu’il consomme autant d’électricité qu’une ville de 50 000 habitants.
Le soft power culturel, un levier économique sous-exploité
N’en déplaise aux déclinistes, les industries culturelles et créatives françaises emploient encore 1,3 million de personnes, pour environ 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Dans les chiffres, on est donc loin du fameux “déclassement” annoncé par les catastrophistes ! Ce chiffre englobe des secteurs variés : mode et luxe, cinéma, jeux vidéo, édition, musique. Le luxe français, par exemple, réalise 80% de ses ventes à l’export et emploie 170 000 personnes directement.
Dans le domaine audiovisuel, les plateformes de streaming investissent de plus en plus en France. Netflix a ainsi dépensé 250 millions d’euros en productions françaises en 2023, créant des emplois pour les techniciens, acteurs et scénaristes locaux. Ces productions, diffusées mondialement à l’image de la série Emily in Paris, alimentent la place centrale qu’occupe le pays à la fois dans l’imaginaire et dans le tourisme mondial.
Le secteur du jeu vidéo français génère quant à lui 5,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, principalement à l’export. Des studios comme Ubisoft (Assassin’s Creed) ou Arkane (Dishonored) emploient plusieurs milliers de personnes en France. Signalons que depuis près de vingt ans, ce secteur bénéficie d’un crédit d’impôt qui réduit de 30% les coûts de production, un dispositif qui aide à maintenir les emplois créatifs sur le territoire.
Un vivier de talents recherchés mondialement
Pour finir, et ce n’est pas nouveau, le système éducatif français produit des profils techniques reconnus internationalement. Les écoles d’ingénieurs forment environ 40 000 diplômés par an, les écoles de commerce 50 000. Ces formations combinent souvent théorie poussée et stages en entreprise, ce qui produit des profils opérationnels rapidement.
Mais le défi reste de garder ces talents en France, pour alimenter justement les secteurs d’avenir évoqués. Si l’on se fie aux grandes lignes de l’émigration, environ 100 000 diplômés du supérieur s’expatrient chaque année, attirés par de meilleurs salaires ou des opportunités de carrière plus intéressantes. Pour inverser cette tendance, le gouvernement a créé des dispositifs comme le statut de “jeune entreprise innovante” qui réduit les charges sociales et fiscales. Pas sûr que cela suffise, et les effets restent modestes pour l’instant.
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