“Enshittification”: de la dégradation progressive d’internet en tant que service

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Logos des4 gafam - Source Wikipedia : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Google,_Apple,_Facebook,_Amazon_and_Microsoft.png

Internet aujourd’hui est très différent de ce qu’il était à ses débuts. Nous n’en sommes plus à l’époque des forums, des blogs linéaires, des chat IRC semi-publics et du “web statique”. Nous sommes progressivement passés aux web 2.0, puis au web 3.0. Aujourd’hui, on a plus l’impression qu’internet est une collection de quelques plateformes gigantesques qui mobilisent toute l’attention et qui ont pour ambition de se substituer à tous les services. Une situation qui a servi de catalyseur à la dégradation de l’usage d’internet en tant que service fiable.

Sommaire de l'article

Internet, le concept utopique d’un service universellement accessible

Les géants du web qu’on appelle aujourd’hui GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ont réussi à s’ériger en acteurs incontournables d’internet. Où que l’on soit sur le “World Wide Web”, il est virtuellement impossible d’échapper à leur régie publicitaire, à leurs formulaires d’inscription, à leurs résultats de recherche et à leurs contenus mis en avant.

De plus en plus, les géants du web cherchent à devenir des microcosmes complets de l’ensemble des services et prestations dont un utilisateur pourrait avoir besoin. Par le passé, ceci se limitait encore aux logiciels et plateformes dématérialisées. Mais depuis quelques années, la frontière entre le physique et le numérique se brouille encore plus.

Dans leur conception d’un monde idéal, ces plateformes cherchent à devenir ce que WeChat est devenu en Chine. Une application qui propose absolument tout et qui permet de tout faire depuis une seule et unique interface. En somme, une sorte de portail gigantesque qui empêche l’internaute d’aller voir ailleurs, en proposant tout ce dont il pourrait avoir besoin.

La dégradation continuelle des géants du web

Permettre que des applications gérées par des intérêts privées aient un tel monopole sur les habitudes quotidiennes des internautes devrait déjà faire retentir les sonnettes d’alarme. Cependant, c’est un compromis que l’ensemble des utilisateurs semble avoir tacitement consenti, à condition de bénéficier d’une prestation satisfaisante. Et c’est là que se situe tout le nœud du problème.

Le terme “enshittification” fait référence à la tendance qu’ont les plateformes du net, à dégrader leurs services pour générer plus de profit. Les exemples sont nombreux et sont toujours imputables à des décisions stratégiques motivées par l’appât du gain. Une réalité qui serait impensable dans l’univers des casinos en ligne où la concurrence majeure est un gage de qualité.

Par exemple, chez Google, nous sommes bien loin de l’époque où les résultats de recherche étaient soigneusement triés pour apporter une réelle connaissance aux utilisateurs. Aujourd’hui, il faut défiler plusieurs pages pour contourner les résultats sponsorisés, les contenus plagiés, les sites bourrés de contenus d’IA, etc.

Sur Twitter, il est devenu presque impossible de suivre le fil d’une conversation sans être pris d’assaut par les publicités ou les publications en vedette des utilisateurs “Premium”. Pire encore, la certification qui était jadis un synonyme de fiabilité, n’est aujourd’hui que la marque d’un abonnement payant à la plateforme.

Sur YouTube et Instagram, l’algorithme est tellement sensible qu’on a le sentiment d’être pris au piège dans une boucle de rétroaction perpétuelle et de découvrir les mêmes types de contenus encore et encore…

En somme, ces plateformes sont toutes objectivement moins utiles qu’elles ne l’étaient par le passé. Et le drame, c’est que les résultats financiers obtenus au coût de la qualité du service sont si encourageants, qu’on peut être certains que la tendance ne s’inversera certainement pas.

Quelles barrières à l’enshittification d’internet ?

Une entreprise qui jouit d’un monopole absolu dans son domaine, n’a aucune raison de soigner la qualité de son offre. Autrement dit, pour empêcher la dégradation continuelle d’internet et des services dont les usagers profitent, il faut mettre un terme aux monopoles existants.

Bien entendu, ceci est plus facile à dire qu’à faire. En particulier dans un contexte où de nombreux gouvernements dépendent désormais des services fournis par les GAFAM pour fonctionner normalement. C’est une situation regrettable où les seuls perdants sont les utilisateurs d’internet.

Une autre alternative consisterait à encourager le développement et l’adoption de plateformes alternatives. Et bien que ceci soit une option viable, elle demande un effort concerté considérable de la multitude des internautes. Sans oublier qu’elle pourrait simplement aboutir, plus tard à la création d’un nouveau monopole d’internet, tout aussi indésirable.

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