Un genre de dinosaure que l’on croyait exclusivement nord-américain vient d’être identifié en Europe. Des paléontologues espagnols de la fondation Dinópolis ont mis au jour, sur le site d’El Castellar (Teruel), les premiers restes fossiles attribués avec certitude au genre Diplodocus, un sauropode géant du Jurassique supérieur. La découverte, publiée dans le Journal of Vertebrate Paleontology, rebat les cartes de la répartition géographique de ces géants disparus.
Un squelette vieux de 150 millions d’années
Le spécimen a été retrouvé dans des sédiments datés d’environ 150 millions d’années, à la toute fin du Jurassique. Les chercheurs ont identifié quatorze vertèbres caudales et plusieurs os de l’arc hémal (les « chevrons » situés sous la queue) appartenant à un seul et même animal. Selon leurs estimations, ce sauropode aurait mesuré environ 25 mètres de long, une taille comparable aux plus grands Diplodocus retrouvés jusqu’ici aux États-Unis.
C’est l’un des squelettes de diplodocidé les plus complets jamais exhumés sur le sol européen, ce qui a permis une identification précise du genre plutôt qu’une simple attribution à la famille des Diplodocidae, plus large et déjà connue sur le continent.
Pourquoi cette découverte change la donne
Jusqu’à présent, le genre Diplodocus n’avait jamais été formellement confirmé en dehors de l’Amérique du Nord, où il a été décrit dès la fin du XIXe siècle dans les célèbres gisements de la Formation Morrison. Sa présence en Espagne suggère que ces animaux ont pu circuler entre les deux continents à la faveur d’un pont terrestre temporaire, probablement lié aux fluctuations du niveau des mers à la fin du Jurassique.
- Premier Diplodocus jamais confirmé hors d’Amérique du Nord
- Un des sauropodes les plus complets découverts en Europe
- Une preuve supplémentaire d’échanges fauniques transcontinentaux il y a 150 millions d’années
- Une remise en cause de l’idée d’une faune de sauropodes strictement régionale au Jurassique supérieur
Cette trouvaille s’inscrit dans une actualité scientifique particulièrement dense, entre l’étude de l’étoile S301 qui met à l’épreuve la relativité générale et le lancement du télescope spatial Roman parti percer les mystères de la matière noire : la paléontologie comme l’astrophysique bousculent en ce moment des certitudes bien installées.
Ce que cela signifie pour la recherche future
Les auteurs de l’étude estiment que d’autres restes de diplodocidés européens, longtemps classés dans des genres plus vagues faute de matériel suffisant, pourraient être réexaminés à la lumière de cette découverte. L’Espagne et le Portugal, riches en gisements du Jurassique supérieur, sont désormais considérés comme des zones prioritaires de recherche. Cette actualité rejoint plus largement les travaux sur la répartition des espèces et de leurs habitats en Europe, un sujet que les scientifiques abordent aussi à l’échelle contemporaine.
Reste à confirmer, par de futures fouilles sur le site d’El Castellar, si d’autres ossements du même individu ou d’individus voisins peuvent être retrouvés pour affiner encore la description de cette population européenne de Diplodocus. Retrouvez d’autres actualités de ce type dans notre rubrique Science, ainsi que les dernières avancées liées à l’environnement et aux espèces dans notre rubrique Planète.
Questions fréquentes
Où le fossile de Diplodocus a-t-il été découvert ?
Sur le site d’El Castellar, dans la province de Teruel en Espagne, par des chercheurs de la fondation Dinópolis.
Pourquoi cette découverte est-elle unique ?
Il s’agit de la première preuve formelle de la présence du genre Diplodocus en dehors de l’Amérique du Nord, où il avait toujours été identifié jusqu’ici.
Quel âge a ce fossile ?
Les sédiments qui contenaient les ossements datent d’environ 150 millions d’années, à la fin du Jurassique supérieur.
Sources
CNEWS —
Boursorama —
ScienceDaily
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