Le mois d’août 2026 s’ouvre sur une note de stabilité prudente pour le crédit immobilier en France. Alors que les taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) sont restés inchangés le 23 juillet, les banques françaises maintiennent des barèmes globalement figés par rapport à juillet, tout en surveillant de près la remontée des taux obligataires. Une accalmie qui profite à un marché de l’ancien engagé depuis plusieurs mois dans une reprise progressive.
Des taux qui résistent à la pression obligataire
Selon les derniers relevés des courtiers, les taux moyens de crédit immobilier s’établissent en août 2026 autour de 3,19 % sur 15 ans, 3,31 % sur 20 ans et 3,42 % sur 25 ans, avec des meilleurs dossiers pouvant encore décrocher des offres sous les 3 % sur les durées courtes. Une stabilité d’autant plus notable que l’OAT français à 10 ans, référence des taux de long terme, a grimpé jusqu’à 3,89 %, son plus haut niveau depuis dix-sept ans.
Les établissements bancaires, dans un contexte de production de crédit encore fragile, préfèrent pour l’instant conserver des grilles attractives plutôt que répercuter immédiatement la tension des marchés obligataires. Les courtiers s’accordent toutefois à anticiper de légères hausses à la rentrée de septembre, la BCE n’ayant pas exclu un nouveau geste sur ses taux directeurs dans les prochains mois.
Le marché de l’ancien confirme sa reprise
Cette relative stabilité des taux accompagne une amélioration sensible des volumes de transactions. Sur les douze derniers mois, environ 945 000 ventes ont été enregistrées dans l’ancien, soit une progression de l’ordre de 11 à 12 % sur un an, même si ces chiffres restent encore inférieurs d’environ 25 % aux niveaux record de 2021.
Côté prix, la tendance est à la stabilisation plutôt qu’à la baisse généralisée observée ces dernières années :
- +0,7 % en moyenne sur le marché national depuis un an
- +1,3 % pour les appartements, portés par une demande toujours soutenue en zones tendues
- +0,2 % seulement pour les maisons, marché plus attentiste
- +0,4 % en Île-de-France, après plusieurs trimestres consécutifs de recul
Les grandes métropoles régionales comme Bordeaux, Toulouse, Lille ou Marseille confirment leur attractivité, avec une demande locative forte et des prix restant plus accessibles que ceux constatés en région parisienne. Les professionnels du secteur, notamment les notaires spécialisés dans l’immobilier, décrivent un marché où l’acheteur type n’est plus l’investisseur spéculatif d’hier, mais un ménage utilisateur engagé dans un projet de long terme.
Un contexte de rentrée sous surveillance
Ce frémissement immobilier s’inscrit dans un paysage financier plus large marqué, en ce 1er août 2026, par plusieurs ajustements touchant directement le pouvoir d’achat des ménages : la rémunération du Livret A est passée de 1,5 % à 1,7 %, tandis que les tarifs réglementés de l’électricité augmentent de 2,5 %. Des évolutions qui viennent nuancer, pour certains emprunteurs, la marge de manœuvre budgétaire disponible pour un projet immobilier, malgré des conditions de financement jugées globalement plus favorables qu’il y a un an. Pour mieux anticiper ces arbitrages, il peut être utile de consulter régulièrement nos conseils pratiques ou de suivre l’actualité de l’économie française.
Le secteur du neuf, lui, reste à la traîne : coûts de production élevés, normes environnementales renforcées et marges réduites continuent de freiner les mises en chantier, alors même que la demande de logements reste structurellement forte dans de nombreux bassins d'emploi.
Foire aux questions
Les taux de crédit immobilier vont-ils encore baisser en 2026 ?
Les courtiers tablent plutôt sur une stabilisation à court terme, suivie de possibles hausses modérées à partir de septembre, en fonction des décisions de la BCE et de l’évolution des taux obligataires.
Est-ce le bon moment pour acheter un bien immobilier ?
Avec des prix stabilisés et des taux qui restent contenus par rapport aux pics récents, plusieurs professionnels considèrent la période comme propice aux acheteurs disposant d’un apport solide, à condition d’agir avant d’éventuelles hausses de taux à la rentrée.
Pourquoi les prix de l’immobilier ancien remontent-ils légèrement ?
La reprise des volumes de transactions, portée par une demande d’utilisateurs plutôt que d’investisseurs, associée à une offre encore limitée dans certaines zones tendues, explique cette légère remontée des prix, en particulier pour les appartements.
Sources
- MoneyVox — Prêt immobilier : les nouveaux taux des banques sur 15, 20 et 25 ans en août
- Immobilier Danger — Taux immobilier août 2026
- Office Notarial 1803 — Marché immobilier 2026 : une reprise progressive sous conditions
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